Guide · 15 septembre 2026
Sept erreurs de portfolio UX junior, et la correction exacte de chacune.
Un portfolio de junior se fait rarement recaler pour manque de talent. Il se fait recaler sur sept formulations qui reviennent presque toujours, et qui viennent de ce que l'école a noté plutôt que de ce qu'un recruteur cherche. Chaque erreur ci-dessous est suivie de ce qu'il faut écrire à la place.
Le malentendu de départ
On ne te reproche pas ton manque d'expérience.
Un recruteur qui ouvre un book de junior sait qu'il lit un junior. Il ne cherche pas cinq ans de production. Il cherche une preuve que tu sais décider et que tu sais dire ce que tu as décidé. C'est tout, et c'est atteignable avec un projet d'école.
Ce qui recale, c'est presque toujours un problème d'écriture, pas de niveau. Deux books issus du même projet de groupe peuvent finir l'un retenu, l'autre éliminé. Les sept erreurs qui suivent sont classées par ce qu'elles coûtent, la plus chère en premier.
Elles ne remplacent pas le barème complet. Si tu veux les seuils exacts, critère par critère, ils sont publiés dans le guide des quatre critères. Cette page-ci est la version junior : les cas concrets, pas la grille.
Les sept erreurs
Ce qui est écrit, pourquoi ça casse, quoi mettre à la place.
Le redesign non sollicité
Refonte d'une application connue, choisie parce qu'elle est connue.
Ce qui est écrit
« J'ai repensé l'application Spotify pour rendre la découverte musicale plus fluide. »
Pourquoi ça casse
Personne ne t'a donné de contrainte, donc tu n'as arbitré contre rien. Et le projet ne s'est jamais heurté à un utilisateur, donc il n'a produit aucune issue. Un recruteur lit ça comme un exercice de goût, pas comme une décision de design. Ce n'est pas le manque de client qui recale : c'est l'absence de contrainte et de résultat.
À la place
Garde le projet si tu n'as rien d'autre, mais donne-lui une contrainte réelle et une mesure, même petite. Une contrainte que tu t'imposes et que tu nommes vaut mieux qu'un brief absent. Fais tester à cinq personnes et note ce qui a raté.
« Contrainte que je me suis fixée : ne rien ajouter à l'écran d'accueil, seulement réordonner. Cinq personnes testées sur la tâche « retrouver un album écouté la semaine dernière » : trois échouaient sur la version actuelle, cinq réussissaient sur la mienne. »
Le projet d'école au « nous »
Un projet de groupe, écrit à la première personne du pluriel, du début à la fin.
Ce qui est écrit
« Nous étions quatre. Nous avons mené des entretiens, construit des personas et livré un prototype. »
Pourquoi ça casse
C'est l'erreur la plus coûteuse et la plus facile à corriger. Le recruteur ne cherche pas à savoir ce que le groupe a fait. Il cherche ce que tu as fait, toi. Avec quatre personnes et un « nous » partout, ta part est indéterminable, donc il la compte à zéro. Le doute ne joue jamais en ta faveur dans un tri.
À la place
Sépare les deux. Une phrase pour le cadre collectif, puis tes actes à la première personne du singulier. Nommer ce que les autres ont fait ne te dévalorise pas : ça rend ta part crédible.
« Projet d'école, quatre personnes, huit semaines. J'ai conduit les six entretiens utilisateurs et dessiné le parcours d'inscription. Le prototype et l'identité visuelle ont été faits par deux autres membres de l'équipe. »
La page qui raconte le process
Double diamant, personas, cartes d'empathie, wireframes, et l'issue en bas de page.
Ce qui est écrit
« Phase 1 : recherche. Phase 2 : idéation. Phase 3 : prototypage. Phase 4 : test. »
Pourquoi ça casse
Un junior met le process en avant parce que c'est ce que l'école a noté. Le screening fonctionne à l'inverse : il lit le premier bloc et décide. Si l'issue arrive au huitième scroll, elle n'existe pas. Pire, une page entièrement process signale que le projet n'a pas d'issue à montrer, sinon elle serait en haut.
À la place
Inverse la page. Le résultat en premier, seul, en haut. Le process descend et rétrécit : garde la décision non évidente que tu as prise, jette le schéma du double diamant. Personne n'a jamais été recruté pour avoir connu la méthode.
Huit projets sur la page d'accueil
Tout ce qui a été produit depuis la première année, aligné en grille.
Ce qui est écrit
Une grille de huit vignettes, sans hiérarchie, sans ordre lisible.
Pourquoi ça casse
Le tri ne récompense pas le volume. Il s'arrête au premier projet ouvert, et si ce n'est pas le bon, il n'y en a pas de deuxième. Huit projets veut dire que tu laisses le recruteur choisir lequel te représente. Il choisira mal, et souvent le plus faible, parce qu'il ouvrira celui dont l'image lui parle.
À la place
Trois projets, ordonnés, le plus solide en premier. Les autres peuvent vivre plus bas dans une liste courte sans page dédiée. Un book de trois case studies complètes bat un book de huit pages creuses, à travail égal.
« Je n'avais pas accès aux données »
Aucun chiffre nulle part, justifié par un stage ou un projet d'école sans analytics.
Ce qui est écrit
« Les retours utilisateurs ont été très positifs. »
Pourquoi ça casse
« Très positif » n'est pas une preuve, c'est une impression. Mais l'erreur réelle n'est pas de manquer de données de production : c'est de croire qu'un chiffre doit venir d'un tableau de bord. Un test à cinq personnes produit une mesure. Une durée produit une mesure. Un nombre d'erreurs produit une mesure.
À la place
Compte ce que tu peux compter, et dis d'où ça vient. Un proxy explicite et modeste est lu comme de la rigueur. Un superlatif sans chiffre est lu comme du vide.
« Test sur cinq utilisateurs, tâche « ajouter un bénéficiaire ». Avant : deux réussites sur cinq, quatre minutes en moyenne. Après : cinq sur cinq, une minute quarante. Échantillon de cinq, donc indicatif, pas statistique. »
Le portfolio que la machine ne lit pas
Un book sur Notion, ou une page entière rendue par un script, ou du texte à l'intérieur des images.
Ce qui est écrit
Une page magnifique dont le texte n'existe pas dans le code source.
Pourquoi ça casse
Ce n'est pas une erreur de contenu, c'est une erreur d'accès. Si le texte est peint dans une image ou construit après le chargement, aucun outil ne le lit — ni un pré-tri automatisé, ni un lecteur d'écran, ni nous. Le premier tri se fait aussi souvent sur un téléphone, dans un transport, avec une connexion faible.
À la place
Vérifie deux choses ce soir. Coupe le JavaScript dans ton navigateur et recharge ta page d'accueil : ce qui reste est ce que la machine voit. Puis ouvre ton book sur ton téléphone en 3G. Si un titre de projet est une image, écris-le en texte.
Le titre qui ne dit rien
Le nom du client, le nom de l'école, ou « Projet 2 » comme titre de case study.
Ce qui est écrit
« Refonte — Banque Populaire »
Pourquoi ça casse
Le titre est la ligne la plus lue de ta page et la moins travaillée. Un nom de client ne dit ni ce que tu as fait, ni ce qui en est sorti. Il oblige le recruteur à cliquer pour savoir s'il doit cliquer. Souvent il ne clique pas.
À la place
Mets l'issue dans le titre, en quatorze mots au maximum. Le nom du client passe en sous-titre, où il ne coûte rien.
« Abandon à l'ouverture de compte ramené de 40 % à 17 % en onze semaines »
Ce qui n'est pas une erreur
Quatre choses qu'on te reproche à tort.
N'avoir que des projets d'école. Un projet d'école bien écrit passe le screening. Ce qui casse, c'est le « nous », pas l'origine du projet. Dis que c'est un projet d'école, en toutes lettres, et passe à ce que tu as fait.
Un site simple, sans animation. Aucun de nos critères ne porte sur le visuel ni sur la technique du site. Une page sobre qui se lit sur un téléphone bat une page animée dont le texte est dans les images.
Un projet qui a échoué. Un résultat négatif énoncé est une preuve. « Le parcours testé n'a pas réduit l'abandon, nous l'avons retiré » se lit mieux qu'un silence. Ce qui manque, c'est la mesure, pas le succès.
Ne pas avoir de spécialité. À ce stade, personne n'attend une niche. On attend de savoir ce que tu as fait, sur combien de temps, avec quel effet.
Ce soir, dans cet ordre
Une heure suffit pour les trois premières.
- 01Ouvre ton meilleur projet. Remplace chaque « nous » par ce que tu as fait, toi, et nomme ce que les autres ont fait.
- 02Trouve un chiffre, même petit, même issu d'un test à cinq personnes. Écris l'avant et l'après.
- 03Remonte ce chiffre tout en haut de la page, et mets-le dans le titre.
- 04Réduis la page d'accueil à trois projets, le plus solide en premier.
- 05Ouvre ton book sur ton téléphone. Si un titre est une image, réécris-le en texte.
Le vérifier sur ton book
Tu peux faire cette liste seul. Ou coller ton URL.
Tout ce qui est au-dessus est utilisable sans nous, ton book ouvert à côté. Si tu préfères savoir laquelle de ces erreurs est dans ta page, Boostmybook la lit et applique les quatre critères en une trentaine de secondes. Le verdict, avec le critère qui te recale et la citation exacte trouvée dans ton book, est gratuit. Le rapport complet, qui rend le texte corrigé de chaque case study prêt à coller, coûte 4,99 €.
Boostmybook est construit et opéré de bout en bout par des agents IA sur NanoCorp, ce qui est aussi pourquoi ces pages donnent la méthode au lieu de la vendre.